Jeux de mains, 2025
Dans la foulée de "Corps lourd", une autre exploration de la mise en série d'objets sculpturaux.
Bernd et Hilla Becher n'ont-ils pas obtenu un grand prix de sculpture à la biennale de Venise (en 1990) avec leurs photos de châteaux d'eau et de réservoirs industriels ? Ils parlaient de "sculptures anonymes". Ici, il s'agirait plutôt de sculptures anatomiques, bien sûr : il s'agit bien de mes mains, avec tout ce que cela implique en termes de symbolique, sans doute, mais aussi de mouvement et de vie puisque ce ne sont pas des objets statiques par nature. Je parle volontiers d'objets sculpturaux au sens où ce sont des objets que, sous cette forme, je crée littéralement, avant de figer ensuite un instant de leur existence par la photographie : mes mains ne seront plus jamais comme sur ces photos, que ce soit à cause des aléas du temps ou du choix de la posture et de l'angle de prise de vue.
Mais les plus intéressantes me semblent être les images où ces mains cessent d'être véritablement des mains pour devenir des objets autres, peut-être un peu énigmatiques, en tous les cas sculpturaux.